Mon CV Percutant

Indiquer son niveau d'anglais sur un CV administratif sans mentir

Sur l'annonce, deux mots revenaient sans arrêt : anglais courant. Le poste était administratif, dans une petite structure, exactement le genre de fiche qui revenait sans cesse dans ma recherche d'emploi du moment. Jamais je n'avais dû écrire noir sur blanc mon niveau d'anglais sur un CV administratif sans mentir au moins un peu, et cette seule ligne pouvait décider si mon dossier finissait en entretien d'embauche ou dans la pile des sans réponse.

Avant d'aller plus loin, un mot sur ce blog : certains liens ci-dessous mènent vers des méthodes que je recommande, et si vous achetez par ce biais, je touche une petite commission sans que votre prix change d'un centime. Je ne mets ici que ce qui m'a vraiment servi dans cette recherche, pas une liste de produits choisis au hasard.

Mur de texte, blocs de couleur : deux faux départs avant la bonne version

Céliane Vouet, une amie de lycée qui ne prend jamais de gants, avait été la première à regarder ce CV-là de près. Elle avait tranché en une phrase : un mur de texte. Une page A4 saturée d'expériences, sans un espace pour respirer, et dans la rubrique langues, la formule que tout le monde recopie sans y penser : 'Anglais : lu, écrit, parlé'. Une coquille vide.

Face à cette ligne, ma première réaction n'a pas été la bonne. J'ai trouvé un générateur de CV gratuit en ligne, de ceux qui transforment chaque rubrique en bloc de couleur avec des étoiles ou des barres de progression. Le niveau d'anglais s'est retrouvé habillé de jaune vif et d'étoiles façon notation d'hôtel, très joli à l'écran. Le problème, c'est que je n'avais toujours rien dit de vrai : des étoiles ne traduisent pas 'classeur' ni 'fournitures de bureau', et un recruteur qui m'aurait appelée pour tester mon anglais m'aurait trouvée aussi perdue qu'avant, avec un CV simplement plus coloré.

C'est à ce moment que j'ai compris qu'il fallait revoir entièrement ma façon de présenter mes compétences professionnelles assistante administrative à mettre sur son CV, et pas seulement la rubrique langues. Il ne s'agissait pas d'être parfaite, mais d'être lisible, et surtout vraie.

Gros plan d'une main qui corrige au stylo rouge la rubrique langues et le niveau d'anglais sur un CV administratif.

CECRL ou TOEIC : lequel choisir sur un CV administratif ?

Le CECRL découpe la maîtrise d'une langue en six niveaux, de A1 à C2, et en lisant les descriptions, j'ai eu un choc plutôt libérateur : je n'étais pas 'nulle', j'étais B1, intermédiaire. Le B2 est souvent la référence attendue pour travailler en autonomie, mais pour une bonne partie des postes administratifs en PME, un B1 solide, honnête et opérationnel vaut largement un 'anglais courant' qui s'effondre à la première vraie question.

Bertrande Morin, rencontrée dans le même atelier CV à l'agence, avait pris l'option inverse. Reconvertie après quinze ans dans le commerce, elle avait ressorti un score TOEIC obtenu bien avant cette vie-là, et elle hésitait à l'inscrire tel quel. Un chiffre sur 990, ça a l'air sérieux et vérifiable, mais quand il date d'avant quinze ans de métier où l'anglais n'a quasiment pas servi, il ne raconte plus grand-chose du niveau réel le jour de l'entretien.

Les deux options ne s'opposent pas vraiment, elles répondent à deux situations différentes. Un score TOEIC récent, obtenu dans les deux ou trois dernières années ou maintenu par une pratique régulière, a du poids parce qu'il est vérifiable noir sur blanc. Un CECRL auto-évalué, lui, demande plus d'honnêteté sur le moment présent, mais il peut s'appuyer sur ce qu'on fait vraiment aujourd'hui, ce qui compte davantage pour un poste administratif que ce qu'on savait faire à une époque révolue.

Pour redonner du poids à cette rubrique sans la sur-vendre, je me suis appuyée sur les conseils de la méthode Votre CV, lettre et entretiens, surtout pour la partie qui remet le CV et la lettre à plat ensemble. Ça m'a aidée à sortir du flou sans tomber dans l'excès inverse.

Remplacer les adjectifs flous par des tâches précises

Le vrai tournant a été d'arrêter les adjectifs pompeux. Plutôt que 'Anglais : intermédiaire' ou 'anglais courant', j'ai listé ce que je savais réellement faire : 'Anglais (B1) : traitement de mails simples, accueil téléphonique basique'. C'est précis, ça rassure, et ça dit clairement à un employeur qu'on ne va pas traduire un contrat international, mais qu'on ne raccrochera pas non plus au nez d'un client anglophone.

Pour qui reprend le travail après une pause ou un virage de secteur, apprendre à intégrer les bons mots clés sur son CV administratif simplement change beaucoup de choses, et la rubrique langues n'échappe pas à la règle : 'accueil téléphonique' et 'rédaction de mails' pèsent plus lourd que 'anglais scolaire'. Ce n'est qu'une rubrique parmi d'autres sur un CV, mais c'est souvent celle qui fait le plus peur à remplir honnêtement.

Les recruteurs passent en moyenne moins de 40 secondes sur un premier passage de CV, et écrire 'Anglais : notions' revient presque à l'aveu d'une faiblesse qu'on n'a pas pris la peine de nuancer. Ce jour-là, sur mon bureau de fortune face à la cour, la pile de CV imprimés portait encore des ratures au stylo rouge d'une version précédente, et l'écran, trop lumineux parce que jamais réglé, me renvoyait en plein visage chaque 'anglais courant' que je n'assumais plus.

Une fois le CV réimprimé, avec enfin de l'espace blanc entre les lignes, j'ai aussi commencé à utiliser la méthode Boostez votre recherche d'emploi pour organiser mes envois, simplement parce que j'avais enfin un document dont je n'avais plus honte.

Un CV administratif fraîchement imprimé, avec une rubrique niveau d'anglais claire et une mise en page aérée.

En entretien, la ligne anglais ne fait plus peur

Quelques jours avant l'entretien qui a fini par tout changer, l'angoisse était encore là, mais cette fois j'avais une phrase prête au lieu d'une prière pour qu'on ne m'interroge pas en anglais. Dire la vérité, simplement, est devenu le plan.

Le recruteur a pointé la ligne sur le CV, et j'ai répondu sans trembler : mon anglais est opérationnel à l'écrit, je traite les mails sans souci, mais je suis rouillée à l'oral faute de pratique récente. Son regard a changé, surpris, puis plutôt convaincu. Il a hoché la tête : pour ce poste-là, l'anglais servait surtout à traiter des commandes par mail, l'oral restait rare.

Un autre refus est arrivé le lendemain par mail, pour un tout autre poste, et je l'ai lu debout dans la cuisine sans avoir besoin de redescendre faire un tour dehors pour tenir le coup, comme avant. Le soir même, en marchant le long des quais de la Maine pour aérer la tête, j'ai relu l'échange avec ce recruteur sur mon téléphone, presque étonnée d'avoir pu dire la vérité sans qu'elle se retourne contre moi.

Savoir la formuler ainsi fait aussi partie de ce qu'on apprend en travaillant sa façon de réussir sa présentation personnelle en entretien : connaître la valeur réelle de ce qu'on sait faire, sans l'enjoliver ni le brader.

Le bon choix dépend d'un seul détail

Entre CECRL et TOEIC, le critère qui tranche n'est pas lequel paraît le plus sérieux sur le papier, mais lequel colle à ce qu'on sait faire la semaine où l'on postule. Un score TOEIC récent ou entretenu mérite d'être affiché tel quel, en chiffres, parce qu'il est vérifiable et qu'il résume vite une compétence réelle. Un score ancien, ou l'absence totale de test, se défend mieux avec un niveau CECRL assorti d'une tâche concrète, du type 'B1 : lecture et réponse aux mails fournisseurs'. Dans les deux cas, la pire option reste la formule floue que personne ne vérifie jamais, et qui se retourne contre vous dès la première question posée en anglais.

Si votre dossier a besoin d'un vrai coup de propre pour recommencer à décrocher des réponses, la méthode Votre CV, lettre et entretiens reste celle que je conseille en premier pour repartir sur une base saine : le tarif est indiqué sur leur page et peut changer, mais pour moi, écrire enfin une ligne anglais qui tient debout n'avait pas de prix.

Ne lâchez rien sur cette ligne-là en particulier : dès qu'elle dit la vérité, le reste du CV a bien plus de chances d'être lu jusqu'au bout.

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